CYRANO DE BERGERAC

CYRANO DE BERGERAC, d’Edmond Rostand, par la compagnie « Le Grenier de Babouchka », Stéphane Dauch dans le rôle-titre, au Théâtre Michel.

Très bonne version de cette célèbre et brillantissime pièce qui est présente quasiment à  chaque saison théâtrale à Paris (ceci explique cela). Une mise en scène originale (Jean-Philippe Daguerre), une interprétation très vivante d’excellente qualité. On revoit avec  beaucoup de plaisir et de sympathie ce vieux libertaire sentimental de Cyrano, dont la philosophie me va droit au cœur :

…Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,

Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?

Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,

Des vers aux financiers ? Se changer en bouffon

Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,

Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci…

Et pour ne rien gâcher, il y a en plus cette fois de la musique dont on nous dit que Rostand y avait pensé et que les partitions furent retrouvées dans sa maison d’Arnaga. Une fois de plus, Cyrano nous aura fait rire et nous aura émus…!

 

Cette pièce, mon Dieu, je la connais par cœur,

Mais ils ont réussi (ce n’est pas une critique),

Je dois le confesser, sans apprêt, sans pudeur,

A me tirer des larmes : suis-je donc romantique…

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LE MISANTHROPE

LE MISANTHROPE, mise en scène Thibault Perrenoud (Compagnie Kobal’t), au Théâtre de la Bastille.

Ils sont gonflés, les comédiens du Kobal’t : ils ont fait des ajouts (en alexandrins) à la pièce de Molière (une des plus jouées : huit versions à Paris depuis trois ans), et ils la jouent en costumes modernes (sauf Alceste, qui finit à poil !) sur fond de rock n’roll et parfois dans un style quasiment Slam. Et ça fonctionne formidablement bien. La mise en scène est très originale, étourdissante, et les comédiens sont excellents. C’est au moins aussi bon que la mouture du Lucernaire il y a deux ans dans la mise en scène de Dimitri Klockenbring. Un théâtre « furieusement joyeux et cruellement drôle » revendiquent-ils dans le topo de présentation : mission accomplie !

Ne manquez pas ce spectacle : c’est jusqu’au 20 décembre.

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DANDEROUS GAME

DANGEROUS GAME, par la Compagnie LORD OF THE DANCE (Michael Flatley) au Palais des Congrès.

Un spectacle de danses, de musiques et de chansons celtiques magnifique interprété par des artistes superbes. La chorégraphie est impressionnante, réglée au millimètre et à la milliseconde, avec en particulier des claquettes magistrales, et la musique est belle, comme toujours la musique celte que les Irlandais continuent à faire vivre pour notre plus grand plaisir. Un mélange de tradition et de science-fiction étonnant et tonique. Une standing ovation méritée pour finir… Pour la petite histoire,  Wikipedia nous apprend que Michael Flatley est champion du monde de danse irlandaise ; il est aussi le recordman du monde de vitesse de claquettes. Quand on a vu son dangerous game, on n’est pas surpris de ces titres de gloire.

Vous pouvez encore voir ce remarquable spectacle à Paris le 22 novembre, et à Dijon le 23 novembre. Ce serait dommage de le manquer, si m’en croyez.

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NI DIEU NI DIABLE

NI DIEU NI DIABLE, d’Augustin Billetdoux d’après Les deux étendards de Lucien Rebatet, mise en scène Julie Duquenoÿ, au Lucernaire.

Régis est un jeune homme sérieux qui se destine à la prêtrise, Michel est un joyeux drille qui ne pense qu’à culbuter les filles ; ils sont amis d’enfance. Le premier a une petite amie, Anne-Marie, qu’il aime chastement et qui se destine aussi à la religion (le couvent), mais la vie va en décider autrement car elle tombe amoureuse de Michel et cet amour sera charnel. Entre Dieu et Diable, doit-on choisir ? D’ailleurs, existent-ils ?

Les excellents comédiens de la Compagnie Corne de brume nous l’expliquent pendant deux petites heures qui paraissent dix minutes tellement ils sont distrayants. C’est drôle et profond, mais finalement, je crois que je préfère quand même le diable. Et je vais aller m’acheter le livre de Rebatet.

Ne manquez pas ça : ils jouent jusqu’au 7 décembre.

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NOW

NOW – Carolyn Carlson (Théâtre National de Chaillot).

Une extraordinaire chorégraphie magnifiquement exécutée par l’équipe de Chaillot, autrement dit la compagnie de Carolyn Carlson. Elle explique pourquoi « now » dans le petit document distribué par les placeuses : c’est maintenant ou jamais. Maintenant qu’il faut comprendre que nous sommes le monde, maintenant qu’il faut agir, construire notre maison, c’est-à-dire notre bonheur, au lieu de la (et donc de le) détruire (j’espère que j’ai bien compris !). Oublions hier et ne pensons pas à demain : c’est  aujourd’hui qui compte. Les sept danseurs (quatre hommes et trois femmes) sont splendides et sont dans une synchronie impressionnante, même lorsque la chorégraphie frise l’acrobatie. Excellente musique de René Aubry.

Ả voir absolument : c’est jusqu’au 16 novembre (mais je crains que ce ne soit déjà complet…)

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LA MOUETTE

3/11/14

LA MOUETTE, d’Anton Tchekhov, mise en scène Yann-Joël Collin, au Théâtre des Quartiers d’Ivry.

Excellente version de cette belle pièce, du théâtre dans le théâtre, qui parle des difficultés de la création (littéraire et théâtrale) et des relations qui se forment entre les comédiens et le public lors de la représentation. Yann-Joël Collin le montre merveilleusement bien, à l’aide d’une mise en scène très originale dans laquelle les acteurs sont au milieu du public, et investissent tous les lieux du théâtre du sous-sol au plafond. Très dynamique et très riche. Ả ne pas manquer, si m’en croyez (c’est jusqu’au 30 novembre). En prime, si vous aimez la vodka, vous serez comblés !

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PASCAL DESCARTES

PASCAL  DESCARTES, de Jean-Claude Brisville, mise en scène et interprétation Daniel Mesguich et William Mesguich, au Théâtre de Poche Montparnasse.

L’auteur a imaginé ce qu’ont pu se dire René Descartes et Blaise Pascal lorsqu’ils se rencontrèrent le 24 septembre 1647 à Paris. La discussion tourne autour de la religion, de la position de l’Homme dans l’univers et du rôle de Dieu dans l’affaire. Descartes, rationnel, posé, scientifique, face à Pascal, qui se révèle quasiment fanatique, doctrinaire intolérant, mystique.

Tout cela, on le comprend, reste très actuel, et le grand talent des deux comédiens rendent cette pièce tout à fait pertinente. Ả voir, si m’en croyez.

C’est du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h30 jusqu’au 2 novembre.

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LE MÉDECIN MALGRÉ LUI

LE MÉDECIN MALGRÉ LUI, mise en scène de Brice Borg, au Théâtre de Poche Montparnasse.

On ne se lasse pas de voir et revoir cette hilarante pièce de Molière, qui brocarde la bêtise, et pas seulement celle des médecins, mais aussi celle des bourgeois. Ce qu’en fait Brice Borg, on l’avait déjà vu l’an dernier à l’Essaïon, et ça nous avait tellement plu qu’on s’est précipité au théâtre de Poche. On n’a pas été déçu : une farce déjantée, une mise en scène burlesque, acrobatique, très physique (les comédiens doivent être crevés à la fin !), des inventions cocasses que – j’aime à le penser – Molière n’aurait pas renié : une réussite totale. Je ne saurais trop vous recommander de ne pas les louper.

C’est jusqu’au 9 novembre.

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LE QUATUOR

LE QUATUOR, au Théâtre des Bouffes Parisiens, mise en scène Alain Sachs.

Le Quatuor, c’est Jean-Claude Camors, Laurent Vercambre, Pierre Ganem et Jean-Yves Lacombe. Quatre musiciens (et chanteurs) excellents, aux violons, violoncelle, contrebasse et d’autres instruments à corde improbables extraordinaires, sans oublier le tuba. Mais aussi quatre clowns dans ce que le métier de clown a de plus élevé.

On les avait déjà vus naguère au Théâtre de Paris, et on avait tellement aimé (et tellement ri) qu’on a replongé aux Bouffes Parisiens. On ne le regrette pas : ce n’est pas le même spectacle ; ils ont semble-t-il réalisé un « best-of » de tous leurs numéros précédents pour ce qu’ils appellent leur « bouquet final ». En effet, ils menacent d’arrêter. J’espère qu’on saura les détourner de cette funeste décision.

En attendant, ne les manquez à aucun prix. C’est jusqu’au 10 janvier 2015.

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STUPEUR ET TREMBLEMENTS

STUPEUR ET TREMBLEMENTS, d’après Amélie Nothomb, adapté et interprété par Layla Mettsitane, au Théâtre de Poche Montparnasse.

Quiconque a aimé le roman d’Amélie Nothomb verra avec plaisir Layla Mettsitane l’incarner sur scène dans ce sympathique petit théâtre de Montparnasse. Féministe : si on ne l’est pas en entrant, on le sera en sortant !  L’auteur raconte son expérience japonaise de la situation de la femme au sein de l’entreprise, une véritable maltraitance. Elle le fait avec humour, un humour ravageur. La comédienne étend le propos au monde arabe en débutant et terminant la pièce en niqab. Je crois d’ailleurs qu’elle aurait pu englober la culture occidentale… Quoiqu’il en soit, l’interprétation est très bonne et j’aurais volontiers été embrasser Layla à la fin si ma timidité (fort peu masculine) ne m’en avait pas empêché…

Elle joue jusqu’au 26 octobre.

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