POUR UN OUI OU POUR UN NON

Pour un oui ou pour un non, de Nathalie Sarraute, mise en scène René Loyon, avec Jacques Brücher et Yedwart Ingey, au Lucernaire. Le cauchemar de l’incommunicabilité, ou comment les mots peuvent être impuissants à traduire les sentiments. Deux amis de longue date, qui s’aiment et s’estiment, ne parviennent plus à se dire ce qu’ils ont sur le cœur. Répondant à son camarade qui lui rapportait un succès, le premier a dit : « c’est bien, ça…), et l’autre a perçu de la condescendance. Ils essaient d’en discuter, et ils sont incapables de s’entendre. Vide inquiétant du langage quotidien. On retrouve la thématique de Si ça va, bravo, de Jean-Claude Grumberg (déjà au Lucernaire), et celle des Veufs, de Calaferte, pièce vue il y a quelques jours au Darius Milhaud. C’est fort bien joué et fort bien mis en scène, et totalement désespérant : le mieux pour s’en tirer est d’en rire. On peut : c’est plein d’humour ; celui qu’y a mis Nathalie Sarraute, et celui que manifestent les comédiens. Mais un vertige me prend : me suis-je bien fait comprendre, ou mes mots sont-ils creux (ou plats !) ?

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