LES VEUFS

Les veufs, de Louis Calaferte, mise en scène d’Alexandre Laurent, avec Corinne Maisant et Claude Nicol, au théâtre Darius Milhaud (Paris XIXème).
Une femme et un homme, veufs de fraîche date, lient connaissance au cimetière où ils viennent chaque jour. Le texte est terrifiant, comme toujours chez Calaferte (l’homme qui a écrit : « je suis mort avant terme ») : une dissection pointue de la platitude de nos discours quotidiens, remplis de lieux communs, et c’est particulièrement terrible ici car il s’agit de deuil, circonstance où l’on attendrait une émotion sincère.
Les deux comédiens que nous avons entendus ce soir disent fort bien ce texte, mais je ne peux m’empêcher de penser que ce n’est pas vraiment du théâtre : il ne suffit pas de bien dire un texte pour réaliser du bon théâtre, il faut aussi l’incarner, l’exprimer physiquement, avec son corps. Et là, c’est raté : quasi immobilité des comédiens tout au long de la pièce, mise en scène inexistante. Je me demande d’ailleurs si ce texte peut vraiment être joué, ou s’il n’est pas destiné seulement à être lu. En tout cas, les comédiens de la « Compagnie Pompes & Macadam » (je n’invente rien !) n’ont pas réussi.
Sur le même sujet, et si ça se donne encore, il faut préférer Le mec de la tombe d’à côté, d’après le roman de Katarina Mazetti, au théâtre Petit Montparnasse : ça m’avait vraiment enthousiasmé.

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