ANTIGONE

ANTIGONE, de Valeria Parrella, mise en scène de Luca De Fusco, au Théâtre National de Chaillot.

Antigone est une des héroïnes les plus représentées au théâtre (et elle le mérite !) : depuis Eschyle et Sophocle, j’en ai compté 25 exemples, et je ne suis pas sûr de les avoir tous repérés… Mes versions préférées sont celles de Bertolt Brecht et de Jean Anouilh.

La version italienne que nous avons vue ce soir est hélas loin derrière et ce « concentré d’Antigone » (sic) m’a déçu. Les comédiens sont presque toujours immobiles (ce qui a au mois l’avantage qu’on peut suivre le surtitrage sans trop perdre du spectacle !), doublés par des images vidéo de leurs visages agrandis, ce qui est au demeurant une belle idée, esthétiquement superbe. Mais le théâtre, c’est du corps, du regard, de l’écoute, et tout ça manque ici. Et le texte n’apporte rien aux versions antérieures ; c’est une transposition moderne qui raconte un Polynice non pas mort mais dans le coma sous assistance respiratoire (et qu’Antigone veut débrancher) contre les ordres de Créon (qui s’appelle ici « le législateur ») : ça aurait pu être intéressant, mais l’idée n’est pas développée. Et le vilain jeu de mot sur le nom d’Antigone (elle est contre comme le veut la première moitié de son nom) illustre bien la platitude du texte. J’aurai au moins appris une chose, c’est que « coma » et « cimetière » proviennent de la même racine grecque, mais ça ne m’a pas remonté le moral…

Ne soyez pas trop malheureux si vous ne l’avez pas vu : c’était la dernière aujourd’hui.

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