DÉNOMMÉ GOSPODIN

29/5/13
DÉNOMMÉ GOSPODIN, de Philipp Löhle, mise en scène Benoît Lambert, avec Christophe Brault, Chloé Réjon, Emmanuel Vérité et Florent Gauthier, à la Colline.
Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! disait Jules Renard. C’est ce qu’essaie de faire Gospodin, convaincu que l’argent est la source du plus grand des malheurs : la perte de la liberté. Il est en cela d’accord avec Guy Bedos quand il disait : « Ce n’est pas tant l’argent gagné qui compte. Mais la somme de lâchetés, de renoncements et de trahisons de soi-même qu’on a dû accomplir pour parvenir à l’empocher. C’est ça, l’argent cher ». Je ne sais pas si Philipp Löhle avait lu Bedos, mais c’est un peu la philosophie de sa pièce. Le bonheur n’est pas dans la consommation et ce n’est pas « travailler plus pour gagner plus » qu’il faut, mais travailler moins pour vivre mieux. Pas con, comme sommation (excusez-moi, je n’ai pas pu résister).
Une drôle de comédie, rondement menée, bien mise en scène, avec une scénographie originale et de bons comédiens qui – en dehors de Christophe Brault dans le rôle-titre, excellent lui aussi – tiennent chacun plusieurs rôles. Un théâtre plaisamment anarchiste, écrite par un « objecteur de croissance » qui nous montre qu’on perd sa vie à essayer de la gagner, en s’épuisant au travail, comme dit Paul Ariès.
Ça se joue jusqu’au 15 juin.

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