SI ÇA VA, BRAVO

Si ça va, bravo, de Jean-Claude Grumberg, avec Etienne Coquereau et Renaud Danner, mise en scène de Johanna Nizard, au théâtre du Lucernaire. Décidément, 2012 sera l’année du jeu avec les mots : après Déshabillez mots, de et par Léonore Chaix et Flor Lurienne, au studio des Champs-Élysées, Vite, rien ne presse ! de et par Vincent Roca, au Lucernaire déjà, voici une nouvelle dissection du langage. Celle-ci pointe ironiquement la vacuité de nos conversations.
Deux personnages, qui changent de nature à chaque sketche, discutent de choses et d’autres, mais leur vocabulaire et les tournures qu’ils emploient sont des formules plates toutes faites (d’où le titre, « ça va », « bravo »), et la communication est impossible. Le propos est souligné par un rétrécissement progressif inquiétant de l’espace scénique qui se réduit à la fin à presque rien. C’est terrible, surtout si l’on pense que ce langage quasi-automatique et dénué de sens est celui que nous utilisons quotidiennement. Ça paraît sinistre raconté comme ça, mais ça ne l’est pas : c’est truffé de jeux de mots fort drôles, en une véritables jonglerie sémantique que Georges Perec n’aurait pas renié (la référence à l’oulipo est d’ailleurs explicite). En somme : ça va, bravo ! (Zut, moi aussi…). Ça se donne jusqu’au 23 juin.

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