Dom Juan

DOM JUAN, de Molière, mise en scène Jean-François Sivadier, à l’Odéon.

Formidable Jean-François Sivadier une fois encore (on avait admiré son Misanthrope, déjà à l’Odéon, et sa Vie de Galilée au Monfort) par sa mise en scène foisonnante, dynamique, ludique, drôle, et servie par des comédiens hors pairs (notamment Nicolas Bouchaud en Dom Juan et plus encore Vincent Guédon en Sganarelle), dans un décor merveilleux et mobile, et une scénographie battante. Cette pièce est décidément actuelle (les excès des religions, et même leur nature intrinsèque), et pas seulement parce que Sivadier a ajouté Sexual Healing, de Marvin Gaye, chanté par Dom Juan (mais il n’en guérira qu’en enfer !), et Les passantes, de Brassens, chanté (très bien) par Sganarelle !

A ne pas manquer (c’est jusqu’au 4 novembre).

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LE JARDIN DES AMOURS ENCHANTÉES

LE JARDIN DES AMOURS ENCHANTÉES, de Goldoni, adapté et mis en scène par Attilio Maggiulli, à La Comédie Italienne.

« Adapté de Goldoni », en effet : ils ont transformé ça en une joyeuse farce, façon commedia dell’arte avec masques vénitiens, très désordonnée, mais c’est bien joué. Arlequin et Colombine face à un mage retors, un prince débile et laid et une fée nous font en effet bien rire. Mais j’aimerais bien voir cette pièce comme Goldoni l’avait écrite…

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LA DOUBLE INCONSTANCE

LA DOUBLE INCONSTANCE, de Marivaux, mise en scène Anne Kessler, à la Comédie Française (salle Richelieu).

Une mise en scène et une scénographie somptueuses, et surtout très originale : la troupe des comédiens répètent. Dans cette comédie, Marivaux nous montre (une fois de plus) l’injustice des inégalités sociales. Mais ici, c’est sous le microscope des sentiments que l’égalité profonde des hommes (et des femmes) est – ou devrait être – essentielle. Le Prince, avec la complicité de sa maitresse Flaminia, veulent détruire l’amour de Silvia et Arlequin, mais ils tomberont amoureux à leur tour : lui de Silvia, elle d’Arlequin. L’inégalité vaincue par l’amour. Du grand, du beau Marivaux, merveilleusement servi par les comédiens du Français.

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LE REVIZOR

LE RÉVIZOR, de Nicolas Gogol, texte français André Markowicz, mise en scène Paula Giusti, musique Carlos Bernardo Carneiro Da Cunha, marionnettes Pascal Blaison, au théâtre de la Tempête (Cartoucherie de Vincennes).

Ils ont choisi le mode carrément burlesque, en affublant les comédiens de nez grotesques qui auraient consolé Cyrano. Sur un rythme soutenu, la comédie se poursuit sans faille, et le fait que chaque comédien interprète plusieurs rôles ajoute au loufoque des situations, et ce dès l’entrée en matière quand on réalise que le rôle du bourgmestre est tenu par une femme (!). Un cauchemar réjouissant, à voir jusqu’au 15 février.

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LES AMOUREUX DE MARIVAUX

LES AMOUREUX DE MARIVAUX, par les Mauvais Élèves (Valérian Béhar-Bonnet, Elisa Benizio, Bérénice Coudy et Guillaume Loublier), mise en scène Shirley et Dino, au Théâtre de Poche Montparnasse.

Ils jouent des scènes extraites de La surprise de l’amour, La dispute, La commère, La méprise, L’heureux stratagème (et peut-être d’autres, je ne suis pas sûr de les avoir toutes notées), en les entrelardant de chansons modernes (Gainsbourg, Vartan etc.), et le résultat est extrêmement réjouissant. Ils sont vifs, drôles, excellents comédiens, parfaitement complices, et on passe une très bonne soirée. Ả recommander sans bémol (c’est jusqu’au 14 mars).

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LA NUIT DES ROIS

LA NUIT DES ROIS (Shakespeare) mise en scène Clément Poirée, au Théâtre des Quartiers d’Ivry (Antoine Vitez).

Les tragédies de Shakespeare sont beaucoup plus jouées que ses comédies, et c’est dommage, car celles-ci (en tout cas celles que je connais) sont volontiers farfelues et drôles. On se rappelle entre autres Les deux nobles cousins qu’on avait vu(s) il y a trois ans au Théâtre 13. La nuit des rois est encore plus déjantée, à tel point que je ne me risquerai pas à raconter l’intrigue, dont l’humour procède de l’emberlificotage. En outre,  la mise en scène est pétulante et les comédiens excellents. Ça se joue jusqu’au 1er février.

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AUCASSIN & NICOLETTE

AUCASSIN & NICOLETTE, traduction et mise en scène Stéphanie Tesson, avec Brock et Stéphanie Gagneux, au théâtre de Poche Montparnasse.

« Chantefable » du XIIIème siècle, qui raconte la rencontre d’Aucassin, fils du Seigneur de Beaucaire, et de Nicolette, simple esclave sarrasine, et leur coup de foudre. C’est en prose et en vers, c’est drôle et touchant, et bien sûr ça finit bien : merveilleux.

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L’IDÉAL CLUB

L’IDÉAL CLUB, par les 26000 couverts, au Monfort Théâtre.

Quel plaisir de revoir cette bande d’allumés, que nous avions rencontrés il y a trois ans, déjà au Monfort, dans une version très décoiffante de Beaucoup de bruit pour rien (Shakespeare) qui nous avait époustouflés. Ils renouvellent l’exploit en un délire du plus haut comique, sur fond de jazz et de rock. Une comédienne qui se dispute avec le batteur et lui enfourne la tête dans la grosse caisse parce qu’il joue trop fort quand elle chante Fever, un autre qui se cuit une saucisse au barbecue et celle-ci se transforme en micro, des spectatrices qui interrompent le spectacle à plusieurs reprises pour parler à leur cousin qui fait partie de la troupe, des cow-boys qui jouent de la flûte, des indiens, de la scie musicale et de la tronçonneuse (musicale ?), j’en passe, c’est le grand délire hilarant, et les deux cousines du début terminent en éreintant le spectacle avant un show final fantastique. Ả ne pas manquer, si m’en croyez : c’est jusqu’au 10 janvier.

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ET LE COQ CHANTA…

ET LE COQ CHANTA… d’après les passions de J.-S. Bach, adaptation Alexandra Lacroix (qui a aussi fait la mise en scène) et François Rougier, direction musicale Christophe Grapperon, à l’Athénée Louis-Jouvet.

Ce coq, c’est celui de l’évangile, celui de la Pâque, quand Jésus dit à Pierre « tu me renieras trois fois avant que le coq chante ». Ils sont là, sur scène (sur Cène !), les douze disciples et Jésus, treize à table. C’est comme ça que ça commence. Treize comédiens,  chanteurs et musiciens, et la musique de Bach : que du bonheur. Mais ils ne font pas que jouer, chanter, manger et boire : ça va évoluer au gré d’une scénographie totalement décalée fort réjouissante. On les voit discuter, danser, prendre un bain, éplucher des pommes, se mettre à poil, se déguiser, s’aimer, se détester, se bagarrer… j’en oublie. Il y a donc Pierre, et bien sûr Judas ; plus tard apparaîtra aussi Pilate, mais je n’ai pas vu Marie-Madeleine (hélas). Les chants et la musique sont évidemment formidables, et l’interprétation est remarquable.

Un spectacle extraordinaire à ne pas manquer : c’est jusqu’au 17 décembre, mais je ne suis pas sûr qu’il reste des places…

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CYRANO DE BERGERAC

CYRANO DE BERGERAC, d’Edmond Rostand, par la compagnie « Le Grenier de Babouchka », Stéphane Dauch dans le rôle-titre, au Théâtre Michel.

Très bonne version de cette célèbre et brillantissime pièce qui est présente quasiment à  chaque saison théâtrale à Paris (ceci explique cela). Une mise en scène originale (Jean-Philippe Daguerre), une interprétation très vivante d’excellente qualité. On revoit avec  beaucoup de plaisir et de sympathie ce vieux libertaire sentimental de Cyrano, dont la philosophie me va droit au cœur :

…Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,

Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?

Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,

Des vers aux financiers ? Se changer en bouffon

Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,

Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci…

Et pour ne rien gâcher, il y a en plus cette fois de la musique dont on nous dit que Rostand y avait pensé et que les partitions furent retrouvées dans sa maison d’Arnaga. Une fois de plus, Cyrano nous aura fait rire et nous aura émus…!

 

Cette pièce, mon Dieu, je la connais par cœur,

Mais ils ont réussi (ce n’est pas une critique),

Je dois le confesser, sans apprêt, sans pudeur,

A me tirer des larmes : suis-je donc romantique…

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